Cancers de la peau

Environ 80 000 cancers de la peau sont détectés annuellement en France. Selon l’INCa (Institution National du Cancer), le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en 30 ans.

Les carcinomes représentent 90 % des cancers cutanés diagnostiqués en France. Ces cancers de la peau sont les plus courants, y compris parmi tous les cancers de l’adulte. Dans l’immense majorité des cas, ils ne menacent pas le pronostic vital mais peuvent prendre des formes plus graves. C’est une tumeur maligne qui prend son origine dans les cellules épithéliales, qui constituent la peau et certaines muqueuses. Il est très fréquent chez les sujets de type caucasien. Au sein des carcinomes, deux groupes principaux de cancers sont définis :

Les carcinomes

basocellulaires




Ils représentent 70 % des carcinomes cutanés. Ce sont les plus fréquents et les moins graves dans la mesure où ils menacent rarement le pronostic vital. En effet, leur développement, à partir de la couche basale de l’épiderme, reste local. Ils ne métastasent jamais et leur ablation complète assure la guérison du patient.

Leur traitement doit néanmoins être précoce car ces tumeurs peuvent s’étendre en surface, ce qui peut rendre l’exérèse difficile et entraîner des séquelles esthétiques ou fonctionnelles. Ils apparaissent le plus souvent après 50 ans, mais peuvent toucher des individus plus jeunes. Ils sont habituellement localisés sur les parties découvertes du corps (visage, cou, dos des mains, ...). Ces cancers augmentent progressivement de taille.

Leur danger est lié à leur potentiel invasif local qui va entraîner des destructions tissulaires. Le traitement de première intention est l’ablation chirurgicale.

Les carcinomes

épidermoïdes




Ils sont plus rares (20 % des cancers cutanés) mais plus agressifs. Ils apparaissent surtout après 60 ans et surviennent, comme les précédents, préférentiellement sur des zones découvertes.

Contrairement aux carcinomes basocellulaires, ils se développent parfois sur des lésions dites précancéreuses : kératoses actiniques (ce sont des modifications de la peau ayant l’aspect de croûtes qui reposent sur une base rouge, ces lésions ne sont pas cancéreuses mais peuvent se transformer en carcinomes épidermoïdes). Ces cancers peuvent aussi apparaître sur des radiodermites (modifications de la peau produites par les radiations ionisantes), sur des cicatrices de brûlures, des plaies chroniques. Des virus de type HPV sont suspectés de jouer un rôle dans la genèse de certains de ces cancers localisés aux muqueuses (col de l’utérus, anus).

Plus agressifs que les carcinomes basocellulaires, ils sont susceptibles d’envahir les ganglions lymphatiques et se disséminer dans d’autres organes (poumons, foie, cerveau).

Les plus agressifs sont ceux localisés aux zones péri-orificielles et aux muqueuses (nez, bouche, organes génitaux).

Le mélanome est le cancer de la peau le plus grave, les mélanomes cutanés représentent 10 % des cancers de la peau. Cette tumeur maligne peut apparaître sur une peau saine (70 à 80 % des cas) ou résulter de la transformation maligne d’un grain de beauté (nævus). Les UV jouent un rôle important dans leur apparition. Avec 15 404 nouveaux cas de mélanomes cutanés estimés en 2017 en France métropolitaine, le mélanome cutané se situe au 9e rang des cancers, tous sexes confondus, et représente 3,7 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers et 1,2 % des décès.

Près des trois quarts des cas sont diagnostiqués au-delà de 49 ans. On estime en France le nombre de décès imputables à ce cancer à 1 783 en 2017. Lorsqu’il est détecté tôt à un stade peu développé, il peut la plupart du temps être guéri. Le traitement repose alors sur une exérèse chirurgicale.

À l’inverse, un diagnostic tardif réduit considérablement les chances de guérison car ce cancer a un fort potentiel métastasique : il peut s’étendre rapidement aux relais ganglionnaires et à d’autres organes. Quelques mois peuvent suffire pour qu’un mélanome devienne très agressif et s’étende à d’autres parties du corps (métastases). Les mélanomes cutanés diagnostiqués à un stade métastatique sont de mauvais pronostics, les taux de survie à 5 ans ne dépassant pas 20 % pour ces patients.

Agir rapidement est donc vital, c’est pourquoi la prévention et le diagnostic précoce sont essentiels.